A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

Is another CAP possible?



Agri-Ardennes, Francis Pierrard1

December 5, 2016

Since the reissue of our White Paper “a new strategic course for the CAP”, Momagri has multiplied during recent months communication with the agricultural world. We have therefore actively participated in various meetings (chambers of agriculture, farm unions, cooperatives) across the Hexagon.

We reproduce below the article of Agri-Ardennes magazine which presents our positions and proposals contained in our White Paper with a view of a meeting of the FDSEA of the Ardennes on 22 November, during which Frédéric Courleux, Momagri's advisor, intervened.

Momagri Editorial Board



A l’heure où la volatilité croissante des prix des produits agricoles fait des ravages, le think tank MOMAGRI plaide, dans son récent Livre Blanc, pour un nouveau cap stratégique pour la Politique Agricole Commune.

La nouvelle PAC, qui est entrée en vigueur début 2015, s’inscrit dans un contexte international tumultueux et un environnement économique difficile qui font apparaître la nécessité de donner un nouveau cap stratégique à la politique agricole européenne.

Dans ce contexte, il n’est plus permis de justifier le démantèlement des mécanismes européens de gestion de crise agricole :
    - Sur la base des règles de l’OMC,
    - Sur la foi de prévisions des cours agricoles tendanciellement haussiers,
    - Par l’orientation qui consiste à ne considérer le verdissement comme la seule voie d’évolution possible de la PAC.
C’est une erreur politique fondamentale qui, en ignorant la volatilité des cours et les crises agricoles, nourrit chaque jour un peu plus l’euroscepticisme.

Les phénomènes extrêmes à la hausse et à la baisse tendent à s’amplifier, notamment sous l’effet de la financiarisation croissante des marchés agricoles.

Les réserves de terres et les écarts de productivité sont tels que le scénario d’une tendance à la hausse des prix agricoles consécutive d’une demande insatiable portée par la perspective de « 9 milliards de bouches à nourrir en 2050 » n’est pas crédible.

Avec la dernière réforme de la PAC et plus encore avec la crise laitière résultant de la fin des quotas laitiers et la libération, sans garde-fous, du potentiel productif laitier européen, l’Union européenne poursuit sa trajectoire tragique tel un canard sans tête.

Pendant ce temps-là, les Etats-Unis, le Brésil, la Chine et de nombreux autres pays ont pris la mesure de la crise alimentaire de 2007/08 et ont renforcé leurs dispositifs de soutien qui évitent à leurs agriculteurs « de plonger dans le rouge » dans les périodes d’effondrement des cours agricoles.

L’agriculture et la production de denrées alimentaires y sont considérées comme des actifs stratégiques, alors que sur le Vieux Continent, il « serait moderne » que de laisser un secteur vital de notre économie et de nos territoires au gré de la roulette des incidents climatiques et des ajustements à la demande, ajustements d’autant plus douloureux que non accompagnés.

Toutes les grandes puissances agricoles ont logiquement intégré le phénomène de volatilité des prix dans leurs politiques agricoles, toutes sauf l’Union européenne qui est la seule à poursuivre la logique du découplage, qui, par définition, n’a aucun effet stabilisateur sur le revenu des agriculteurs et, au contraire, de nombreux effets pervers (capture des aides par l’environnement économique de l’agriculture, surinvestissement en période faste, mauvaise image).

C’est pourquoi Momagri appelle à réfléchir d’urgence à une révision de la PAC qui se traduise par l’intégration de mécanismes de prévention et de gestion de crise et d’une nouvelle approche budgétaire plus flexible. La principale proposition vise à remplacer les aides découplées par des aides contracycliques, c’est-à-dire qui varient en fonction des prix, afin de reconstruire la dimension économique de la PAC. Ce type d’aides est largement répandu aux Etats-Unis où les producteurs de blé ont ainsi la garantie de toucher au moins 202$/tonne de blé sur 85% de leur rendement historique. Des mesures de gestion de crise pour rééquilibrer l’offre et la demande sont également avancées, comme la flexibilisation des politiques de biocarburant en fonction des prix.

Le Livre Blanc de 96 pages développe la cohérence d’ensemble des propositions et se veut être une base de discussion pour penser et préparer un changement nécessaire. Des simulations budgétaires et économiques sur la base de comptabilités d’exploitations de la Marne et de l’Ouest ont été réalisées pour chiffrer les impacts budgétaires, économiques (sur les chiffres d’affaires et les revenus) et en termes d’acceptabilité au regard des règles OMC.

Schéma de synthèse des propositions du Livre Blanc de Momagri ‘un nouveau cap
stratégique pour la PAC’
Schéma de synthèse des propositions du Livre Blanc de Momagri ‘un nouveau cap
stratégique pour la PAC’


Momagri, en bref...


1 The article is in french


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Paris, 25 June 2018