A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

Dad, what is the European Union?
A combination of disunity and disappointment son!!!!



Thierry Pouch, Head of Economic Studies at the Permanent Assemblies of Chambers of Agriculture (APCA)



Crises usually bring on self-criticism and new direction. Brexit, the departure of the United Kingdom from the European Union, without being a case of not seeing the wood for the trees, has revealed Europe’s existential crisis: the disavowal of its institutions, the rise of eurosceptism, the migration crisis, the crisis of the European economic model, etc.

In an editorial by Thierry Pouch that we have reproduced here
1, the expert lists the challenges facing the EU following Brexit and suffice it to say, the entire European structure is reeling.

The title of this editorial resonates with the conclusion of the speech on the State of the Union just made by Jean-Claude Junker, President of the Commission: “But what are we teaching our children now? What will they inherit from us? A Union that unravels in disunity? A Union that has forgotten its past and has no vision for the future
2?”

Let us hope that challenging those responsible for European construction has not come too late in order to close the growing gap between EU institutions and the European people. Calling for responsibility, the President of the Commission has pointed out one of the possible outcomes “do we want our Union to disintegrate before our eyes”? European history has shown its ability to overcome crises by finding new solutions, and as Mr Juncker mentioned several times during his speech the necessity to protect and to defend, perhaps it is possible to hope.

What should we retain from this discussion on agriculture: currently, not much either in terms of self-criticism or proposals. When Mr Juncker said that “we must not be naive supporters of free trade, but must be able to react to dumping with the same firmness as the United States”, he is discussing the steel industry and anti-dumping duties “the reinforcement of our trade defence mechanisms”.

In the first Community budget, the Common Agricultural Policy was not cited: only a reference was made of the consequences of the Russian embargo on the dairy sector, as the end of quotas without the implementation of an alternative control mechanism is also one of the causes of the current crisis.

Hopefully the next White Paper from the Commission that Mr Juncker has announced for March 2017 and which should draw “a vision for the future” is a little more sparing on agricultural issues. For the 60 years of the Treaty of Rome it is very urgent indeed to reconsider the historical policies of Europe and revive the spirit of the founding fathers: a new CAP reform that breaks away from deregulation and decoupling would certainly be beneficial for European integration. It is in this spirit that Momagri has just published a revised version of its White Paper “Giving the CAP a strategic direction
3”.


La rédaction de momagri




L'issue du référendum britannique ouvre une période de grande incertitude pour l'Union européenne. Outre les modalités de la sortie du Royaume-Uni, outre les impacts économiques probables sur les autres États membres et sur le sortant lui-même, c'est bien la construction européenne qui pourrait connaître un coup d'arrêt. Le choc est tel que l'ambition aujourd'hui est rien moins que de sauver l'Europe. Passage en revue des domaines à haut risque pour une Union qui, à vue d'œil, se fragmente toujours un peu plus.

Depuis son adhésion à l'Union en 1973, le Royaume-Uni a toujours eu des relations complexes, voire conflictuelles avec Bruxelles et avec ses partenaires. Chacun a en mémoire les pérégrinations budgétaires initiées par la Dame de fer, Margaret Thatcher, dès son accession au 10 Downing Street. La sortie de l'Union européenne d'un Etat membre constitue un évènement historique, dans la mesure où désormais, les craintes d'un effet domino s'affichent. De surcroît, en sortant de l'UE, le Royaume-Uni s'expose au risque de la fragmentation, l'Ecosse entendant prendre son indépendance et réintégrer l'Union. Nul doute que la Commission européenne est sous pression, et qu'elle devra faire preuve de doigté politique pour concilier des pays membres aux intérêts de plus en plus divergents, et qui font valoir leur souveraineté nationale. Rallier à la cause européenne les quelques pays membres qui y croient encore va devenir un exercice périlleux. Le leadership franco-allemand est en effet de plus en plus contesté et ces deux États membres vont entrer dans une période électorale incertaine. La crise migratoire constitue une première pomme de discorde. L'idée d'une solidarité entre les États de l'Union a été fermement rejetée, par le Royaume-Uni d'abord, puis par la Slovaquie, qui vient de prendre la Présidence tournante pour six mois. Son Premier Ministre, Robert Fico, a exprimé son désaccord avec Bruxelles sur les modalités de la gestion de la crise migratoire. Il a été rejoint par le groupe de Visegrad, composé, outre la Slovaquie, de la Pologne, de la Hongrie et de la République Tchèque.

Le second point de blocage a trait aux séquelles occasionnées par les politiques d'austérité infligées aux pays membres de la zone euro. Centre de gravité de la crise, la Grèce ne parvient toujours pas à se sortir de la récession. La population grecque n'exprime plus que de la résignation et tente, autant que faire se peut, de survivre au quotidien. Conséquence directe, l'érosion des majorités politiques est porteuse d'incertitude radicale.

D'ailleurs, en Espagne, autre économie ravagée par la crise, les partis éprouvent les pires difficultés à constituer un gouvernement. Et Madrid de s'indigner des sanctions qui lui sont infligées pour son déficit budgétaire trop élevé. Même son de cloche au Portugal. Ces pays restent englués dans la dette, et pointent les manquements graves de l'Union européenne en matière de réexamen de la politique économique et de réduction des injustices sociales. Pour ce qui est de l'agriculture et de la PAC 2020, les incertitudes sont tout aussi nombreuses. Y aura-t-il d'ailleurs encore une Union pour définir les contours de la nouvelle PAC ? Enfin, dernier sujet de tension entre Bruxelles et les pays membres, la politique commerciale. Manifestement, Bruxelles, en accord avec les États membres les plus convaincus des vertus du libre-échange, négocie tous azimuts des accords commerciaux dont la finalité est d'ouvrir un peu plus le marché européen, au point de fragiliser certains secteurs, à l'instar de l'agriculture et plus précisément encore des élevages. Lorsqu'un accord est trouvé, c'est toute la question de la procédure de ratification qui est posée.

Concernant le CETA, conclu en septembre 2014, ce sont les parlements nationaux qui s’exprimeront. L'enjeu est de taille, dans la mesure où les agriculteurs, les opinions publiques, sont extrêmement réservés quant aux retombées de ce type d'accord, notamment en France et en Allemagne. Sans ratification nationale, ce sont les représentants élus qui pourraient en faire les frais lors des prochaines échéances électorales. La désunion européenne serait-elle en marche? Allons-nous vivre sur les décombres du projet européen, et durant combien de temps ?

Si tel était le cas, un réexamen en profondeur de toute la construction européenne s'imposerait. Pour Bruxelles et les États membres, le temps de l'autocritique est sans doute arrivé à maturité. L'instabilité du monde et, comme l'indique le politologue Pierre Hassner, la « revanche des passions » en tout genre, l'exigent.


1 The entire editorial is available in french from
http://www.chambres-agriculture.fr/(...)/Lettre_eco_union_europeenne_364_2016_APCA.pdf

2 J-C Juncker’s speech is available from
http://ec.europa.eu/news/2016/09/20160914_fr.htm

3 Our white pape is available for download on our website
http://www.momagri.org/UK/momagri-home.html



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Paris, 11 December 2018