A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

Cotton: The United States to the rescue of its producers



Jean-Christophe Debar, directeur de FARM, blog de la fondation FARM



One of the key objectives of the Farm Bill––the US agricultural policy enacted in February 2014––is to provide farmers with secure incomes through various combinations of counter-cyclical aid (subsidies that increase when prices drop) and insurance contracts against production and market risks.

The counter-cyclical aspect has grown since 2002, and the Agricultural Act of 2014 has put an end to decoupled aid (subsidies paid regardeless of output and prices), which represents the lion’s share of the Common Agricultural Policy on the other side of the Atlantic.

While grain and protein crops could chose between two systems––one essentially based on counter-cyclical aid set on a fixed price (PLC), and the other centered on a combination of counter-cyclical aid set on the average income for the past five years (ARC) and insurance contracts against loss of revenue––cotton producers did not have any choice and could only opt for the second system.

As a result, the Stacked Income Protection Plan (STAX) program pays a subsidy to American cotton producers when their incomes drops by more than 10 percent, and the insurance products funded by Federal Governement take over when their income losses exceed 30 percent. This new support system was designed to resolve the dispute between the United States and Brazil within the WTO.

Yet, as outlined by Jean-Christophe Debar, Director of the Fondation FARM, in a recent paper we are publishing below
1, the program was not able to spare cotton producers affected by lower prices and a sharp fall in revenues. To address the situation, the USDA recently released $300 million (€264 million) under the new Cotton Ginning Cost-Share program.

For Jean-Christophe Debar, the announcement is proof that “while insurance products protect against lower cotton prices or yields, they are based on forward prices, and thus do not necessarily cover production costs.” This echoes the argument made by Momagri to warn about insurance contracts against income losses, as well as aid based on an income rolling average: When markets are soft during consecutive years, such instruments are no longer covering farmers’ incomes.

Is this reform of support for cotton, “while the ink of Farm Bill is barely dry”, announcing other changes? Presumably, since federal budget simulations are already forecasting an increase in the number of corn producers eligible for counter-cyclical aid based on a fixed price (PLC) starting in 2019, at which date they will be given the option to reverse their decision. And if the price decline contnues, one can also anticipate that this date might be set earlier, to provide farmers the option to leave a system which profits from price variations but does not provide any support in case of low prices.


momagri Editorial Board



En annonçant, le 6 juin, une aide de 300 millions de dollars aux producteurs de coton, le département américain de l’Agriculture (USDA) montre que la réforme mise en œuvre par le farm bill de 2014 pour libéraliser ce secteur est bien fragile. Car cette aide n’était pas planifiée : elle est destinée à soulager les producteurs touchés par la baisse des prix du coton, même si elle est présentée officiellement comme un nouveau « programme de cofinancement des coûts d’égrenage », visant à « étendre et maintenir la commercialisation du coton ». Le National Cotton Council of America est plus franc : son président a aussitôt remercié le secrétaire à l’Agriculture pour la réponse apportée aux « vrais besoins » des producteurs, compte tenu de « la forte diminution du chiffre d’affaires due en partie à la concurrence étrangère lourdement subventionnée ».

Nous avons analysé en détail (voir article à ce lien) la modification du système de soutien au coton réalisée par les Etats-Unis en 2014 pour mettre fin au différend qui, depuis dix ans, les opposait au Brésil suite à une plainte de ce pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Retenons simplement que le farm bill a supprimé l’octroi aux producteurs de coton de deux paiements directs, toujours versés aux producteurs de céréales et d’oléagineux : d’une part, une aide forfaitaire découplée, versée quel que soit le niveau de la production et des prix ; d’autre part, un « paiement anticyclique », déclenché si le prix de marché du coton tombait sous le seuil de 71 cents/livre
2. Le montant cumulé de ces deux subventions, qui permettaient d’amortir les fluctuations du marché, pouvait atteindre en moyenne jusqu’à 260 dollars par hectare de « base coton »3. Pour faciliter l’ajustement, la législation a prévu le versement d’une « aide transitionnelle » estimée à 528 millions de dollars, montant légèrement inférieur à celui de l’aide forfaitaire découplée accordée précédemment aux producteurs de coton.

L’encre du farm bill à peine sèche, ces derniers n’ont eu de cesse de tenter de récupérer, par une voie détournée, les aides qui venaient de leur être retirées. Ils ont d’abord demandé à l’USDA d’intégrer la graine de coton dans le régime de soutien aux oléagineux, pour recevoir à nouveau une aide forfaitaire et un paiement anticyclique (qui ne seraient plus, dès lors, fondés sur le rendement en fibre). Ces efforts n’ayant pas abouti, ils ont soufflé au gouvernement américain l’idée de la création d’un programme de cofinancement des coûts d’égrenage. Il est intéressant de noter que les 300 millions de dollars accordés au titre de ce programme représentent environ 60 % du budget de l’aide transitionnelle.

Le farm bill de 2014 n’a pas, loin s’en faut, éliminé tout soutien aux producteurs de coton. Ils continuent de bénéficier d’un prix minimum, compris entre 45 cents et 52 cents/livre, et d’une assurance chiffre d’affaires, fortement subventionnée, qui garantit la majeure partie de la recette d’un hectare de coton telle que prévue sur la base du prix à terme projeté au moment des semis. Le Congrès a en outre créé un nouveau dispositif assuranciel, le STAX, qui réduit la franchise de l’assurance chiffre d’affaires, normalement à la charge des producteurs. Mais si les assurances protègent contre une baisse du prix ou du rendement du coton, elles reposent sur les prix à terme et ne couvrent donc pas nécessairement les coûts de production.

Vu d’Afrique, où le coton fait vivre des millions de personnes (contre moins de 9 000 exploitations outre-Atlantique), ce nouvel épisode de la politique agricole américaine pourrait laisser indifférent. Mais le soutien octroyé aux Etats-Unis, premier exportateur mondial de coton, contribue à déprimer les cours de manière non négligeable : environ 7 %, selon une étude récente
4. Ce sont les producteurs des autres pays, généralement beaucoup plus pauvres que leurs homologues américains, qui en font les frais.


1 Retrouvez l’intégralité de l’article en suivant ce lien
http://www.fondation-farm.org/zoe.php?s=blogfarm&w=wt&idt=2972

2 A titre de comparaison, selon l’USDA, le prix payé aux producteurs de coton américains était de 61,3 cents/livre pendant la campagne 2014/15. Il devrait tomber à 58 cents/livre en 2015/16 et est projeté dans une fourchette de 47-67 cents/livre en 2016/17.
3 La « base coton », calculée par exploitation, était la surface cultivée en coton pendant une période historique de référence. L’aide forfaitaire et le paiement anticyclique étaient versés sur 85 % de la surface de base et ajustés en fonction du rendement historique de l’exploitation.
4 Christian Lau, Simon Schropp, and Daniel A. Sumner (2015), The Economic Effects on the World Market for Cotton of US Cotton Subsidies Under the 2014 US Farm Bill, ICTSD.


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Paris, 14 December 2018