A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

COP 22: agriculture’s role in net greenhouse gas (GHG) mitigation



Council of Ministers minutes, 23 November 2016

November 21, 2016

The COP 22 (or 22nd Conference of the Parties) was held in Marrakech from 7th to 18th November and was presented as the COP for “Action and Africa”. Several delegations were looking to highlight the issues that link agriculture and climate change following the example of Morocco. The organizing country launched the “Triple A” initiative, the Initiative for the Adaptation of African Agriculture to Climate Change
1.

With only little presence since the creation of the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) in 1992, agriculture made a timid entry into the Paris Agreement which was adopted at COP 21 in December 2015 and implemented Last November. In the Annex (page 23), the parties acknowledge “the fundamental priority of protecting food security and overcoming hunger, and the particular vulnerability of food production systems to the effects of climate change
2”. But though the term "agriculture" is not directly quoted in the Paris Agreement, it is mentioned in 94% of States’ national contributions which corresponds to commitments for greenhouse gas reductions annexed in the Paris Agreement3.

Among these contributions, France spearheaded the “4 for 1000” initiative and gave it their support again at COP 22. This initiative gives a new dimension to the links between agriculture and climate change: the cause and victim of climate change; agriculture is also becoming a solution through carbon storage. As evidence, a 0.4% increase of carbon storage present in the soil would offset all the annual emissions resulting from the use of fossil fuels.

In a press release (reproduced below
4), the French Government reviews the development of the “4 for 1000” initiative, for which discussions are expected to continue at the next COP in Bonn in 2017. It stresses in particular the main lines of opposition: “agriculture remains a politically sensitive subject in climate negotiations. Countries that are concerned about food security are opposed to the idea that integrating agricultural issues into climate agreements could lead to imposing quantified emission reduction targets in agriculture, or even trade barriers, for example through criteria for production efficiency”.

Transforming political momentum into economic mechanisms in the aim of improving production systems is certainly not easy. That being said, the three dimensions of the equation must be prioritized. Firstly, it is generally agreed that food security remains a key issue for many countries and that the failure of global governance of agricultural policies characterized by the death of the Doha Round must be overcome in order to restore reciprocal trust in the capacity of the international community to rebuild agricultural partnerships and cooperation.

Secondly, Europe, which lays claims to leadership in terms of the fight against climate change, would do better by comprehending its own shortcomings in terms of agriculture: with the decoupling of agricultural aid, the EU has chosen the path of “public impotence with regards the direction of agricultural production systems; and with the deregulation of markets it has made its farmers economically insecure which de facto contributes to making it even more difficult for the risk taking required for a changeover to more environmentally friendly practices.

Third and finally, there is the question of prioritizing objectives: commercial opportunity should no longer be considered an end in itself; trade is above all a means. In addition to impeding international cooperation for food security, the predominance of rules and the spirit of international trade regulations are a major obstacle to the emergence of an international climate policy.


Momagri Editorial Board




Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement a présenté une communication relative à la COP 22 : contribution de l’agriculture à la diminution des gaz à effet de serre.

La COP 22, qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, a été l’occasion de confirmer l’intérêt mondial pour l’initiative « 4 pour 1 000 », initiative phare de l’agenda de l’action pour le secteur agricole, lancée par la France lors de la COP 21.

La France portait également la question de la prise en compte des enjeux agricoles dans le cœur de la négociation, ce qui a permis l’inclusion d’une mention importante sur la sécurité alimentaire dans la « proclamation » adoptée par les chefs d'Etat et de Gouvernement.


L’initiative 4 pour 1 000 au sein de l’agenda mondial de l’action climatique

La COP 21 a mis en place un plan d’actions (Plan d’Actions Lima-Paris, renommé Agenda mondial de l’action climatique lors de la COP 22). L’initiative « 4 pour 1 000 », sélectionnée parmi les 10 initiatives majeures du plan, a ainsi été lancée le 1er décembre 2015, et réunit aujourd’hui plus de 190 acteurs volontaires du public et du privé : Etats et organisations intergouvernementales des cinq continents, organisations et financeurs internationaux (FAO ; Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification ; Banque mondiale ; Fonds mondial pour l’environnement ; AFD ; Banque asiatique de développement notamment), organismes de recherche et universités (CGIAR, INRA, CIRAD, IRD notamment), organisations non gouvernementales, organisations d’agriculteurs, entreprises et fondations privées du monde entier.

L’initiative vise, avec l’appui de la recherche, à faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles en encourageant les projets qui permettent aux sols agricoles de capter et de stocker le carbone atmosphérique, tout en améliorant leur fertilité et leur capacité à répondre à l’enjeu de sécurité alimentaire.

Le 17 novembre 2016, dans le cadre de la COP 22, la gouvernance de l’initiative « 4 pour 1000 » a été officiellement établie avec la nomination de Ibrahim Hassane Mayaki, secrétaire exécutif du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), et ancien Premier ministre du Niger, et de Stéphane Le Foll, comme président et vice-président des organes de concertation et de décision. Le comité scientifique et technique (CST) afférent s’est réuni le même jour.


Les principaux axes de travail pour l’année 2017 (feuille de route) sont :
  • développer les connaissances scientifiques sur les capacités de stockage de carbone des sols ;
  • proposer des outils de partage (plateforme multi-acteurs) et des outils d’aide à la décision (prospective et contribution concrète aux engagements climat définis par les pays signataires de l’Accord de Paris) ;
  • favoriser le financement de projets. Sur ce dernier point, les organes de financement (tels que la Banque mondiale, le Fonds mondial pour l’environnement, l’Agence française de développement ainsi que les fondations privées) ont confirmé la priorité donnée aux sols dans leur propre stratégie, et leur fort intérêt pour l’initiative et le référentiel de financement des projets qu’elle propose.

La place spécifique de l’agriculture dans les négociations climatiques

Parmi les secteurs concernés par la négociation climatique, l'agriculture présente de nombreuses spécificités, de par son rôle fondamental dans la production alimentaire, et son caractère multifonctionnel dans les dimensions économiques, sociales et environnementales.

Ce secteur dit « secteur des terres » contribue au changement climatique par ses émissions de gaz à effet de serre, en subit les effets mais dispose également des moyens de contribuer à leur atténuation. L’Accord de Paris a reconnu explicitement la protection de la sécurité alimentaire comme priorité et le Plan d’action Lima-Paris intègre différentes initiatives d’adaptation et d’atténuation du changement climatique pour le secteur agricole.

La question agricole reste un sujet politiquement sensible dans les négociations climatiques. Aux pays préoccupés par les enjeux de sécurité alimentaire s’opposent en effet les pays qui estiment que l’intégration des questions agricoles dans les accords climatiques pourrait conduire à imposer des objectifs quantifiés de réduction des émissions dans l’agriculture, voire à la mise en place de barrières commerciales, par exemple via des critères d'efficience de la production.

Lors de la COP 22 à Marrakech, l’Union européenne, au nom de la France et des autres Etats membres, a porté l’objectif partagé par les organisations non gouvernementales de faire adopter une décision sur l'agriculture permettant de promouvoir la coopération entre les pays en matière de recherche, de développement, de transfert de technologies et de pratiques, de manière équilibrée entre atténuation et adaptation.

Les discussions, intenses, ont acté la poursuite des négociations à la prochaine session de négociation, à Bonn en mai 2017. Elles ont également permis d’aboutir à l’inclusion d’une mention importante dans la « proclamation » adoptée par les chefs d'Etat et de Gouvernement, qui « appelle à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et mettre en place des actions fortes pour répondre aux enjeux du changement climatique en agriculture ».


1 http://www.aaainitiative.org/fr/initiative
2 http://www.fao.org/news/story/fr/item/358438/icode/
3 http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/18/climat-l-agriculture-fait-partie-de-la-solution_5033367_3232.html
4 The entire press release is available in french from
http://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/(..)/cop-22-contribution-de-l-agriculture-a-la-diminution-des-gaz



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Paris, 11 December 2018