A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

Agricultural crises and the headwinds of globalization



Thierry Pouch,Head of Economic Studies at the Permanent Assemblies of Chambers of Agriculture (APCA)



“Since the 19th century, history has shown that globalizations are certainly not irreversible”, this sentence concludes an article (below
1) by Thierry Pouch, re-placing current agricultural crises in a global context of a breakdown of the world economic policy program.

Emerging countries such as Russia and Brazil in recession, the limited trickle-down effects of accommodating monetary policies on the real economy, renewed fears about the strength of the global financial system ... 8 years after the crash of 2008, the old methods are no longer working. As Thierry Pouch points out “even the very liberal OECD is worried and is demanding the implementation of counter-cyclical fiscal policies”.

Finally, it is more than ever urgent to establish a renewed global governance -a global governance which, for the expert, is sorely lacking - to avoid a jungle of non-cooperative strategies.


Momagri editorial Board




Neuf ans après son effondrement financier, l’économie mondiale se cherche encore une sortie durable de crise. La transition vers un nouveau paradigme productif tarde, au point que beaucoup redoutent une stagnation chronique de la croissance. Dans ce contexte encore bien incertain, le secteur agricole ne se différencie guère. Il se cherche lui aussi tout autant, frappé par une succession de crises affectant les résultats économiques des exploitations agricoles.

Les secteurs de l’élevage ont été depuis plus de deux ans lourdement affectés par les crises. Les éleveurs éprouvent les symptômes multiples d'une crise systémique durable, annonciatrice d'un nouveau régime de croissance qui tarde pourtant à éclore. Le double processus d'ouverture du marché européen et de la mondialisation des économies a été le vecteur du retour de la volatilité des prix, sans qu’on lui oppose des outils efficaces de gestion pour la contrer ou pour la résoudre.

Que les outils de régulation soient d'une efficacité mesurée, ou fassent défaut pour sortir la globalité ou juste certaines filières de l'ornière, semble toutefois assez logique, dans la mesure où le secteur agricole baigne dans un environnement économique, financier, social, environnemental et politique, qui a radicalement changé depuis les années 1990. La production de viande de porc semble toutefois mieux finir l’année qu’elle n’avait terminé en 2015, en raison de la dynamique de la demande chinoise. Les productions végétales ne sont pas en reste en cet automne 2016. Les céréales, et singulièrement le blé, subissent un repli significatif de leurs résultats, imputable à la baisse des rendements et à une offre mondiale abondante.

Entre 2012 et 2016, le chiffre d’affaires des grandes cultures aurait ainsi reculé de quelque 50%. Si des leviers d’action existent au sein même du complexe alimentaire, il est suggéré de ne pas oublier de les inscrire dans une macroéconomie d’ensemble. Il est toujours possible pour les exploitants agricoles de réduire leurs charges, bien que certaines d’entre elles soient étroitement conditionnées par les soubresauts du prix du pétrole ou du gaz, qui reste bas pour le moment. De même, la réorganisation des filières, allant dans le sens d’une logique « partenariale » annihilant la logique en vigueur en France, qualifiée d’ « actionnariale » – chaque acteur cherchant à faire du profit sur le dos de ses fournisseurs ou de ses clients – mérite d’être activement examinée.

La révision des politiques publiques est du même coup devenue une priorité, les restrictions budgétaires étant de plus en plus contestées. Quant aux aléas climatiques, familiers des producteurs de biens agricoles, bien avisés celui qui pourra dire qu’ils seront à l’avenir moins récurrents.

Reste que cette crise agricole sans précédent s’inscrit dans un contexte mondial des plus incertains. Si des issues peuvent être trouvées en agriculture, elles se heurteront nécessairement à une mondialisation en berne et par surcroît de plus en plus discréditée. Stagnation des échanges mondiaux de marchandises, pays émergents en récession –alors qu’ils ont tiré la croissance mondiale à partir de 2008 – et notamment le Brésil, géant économique et agricole aux pieds d’argile. Même la très libérale OCDE s’en inquiète et réclame la mise en place de politiques budgétaires contra-cycliques, puisque les politiques monétaires accommodantes ne sont pas parvenues à elles seules redresser la croissance.

Et puis, pour finir, cette lancinante et néfaste absence de gouvernance mondiale. Elle fait défaut dans à peu près tous les domaines, à l’exception, récente, du climat. La conséquence directe de tout cela ? Elle réside dans un constat : l’histoire des mondialisations depuis le XIXème siècle montre qu’elles n’ont rien d’irréversible.


1 http://www.chambres-agriculture.fr/(...)/National/FAL_commun/publications/National/Lettre_eco_(...)


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Paris, 14 December 2018