A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

About globalization, will we talk tomorrow of the “new Hangzhou consensus”?



Jean-Joseph Boillot, Advisor, CEPII club



A direct result of neoliberal hypotheses and doctrines, the principles of the Washington Consensus (privatization, free trade, strict control of inflation through drastic austerity policies, etc.) were imposed on many developing countries by international agencies during the 1980s, most often with only relative success - if not failure. There are countless examples today of countries that have never achieved their economic take-off because of ineffective recommendations, particularly for agriculture where the elimination of government policies often proved disastrous.

Moving against this ideology, a new consensus could be taking shape within international organizations. In all events, the economist and economic advisor to the CEPII Club, Jean-Joseph Boillot, develops this thesis in the article below , following the G20 in Hangzhou, China on 4th – 5th September.

For him, a “new Hangzhou consensus” based on a vision of “a more moderate and controlled globalization” where the role of sovereign nations would be fully recognized as a pole of stability, as a regulatory power and force for direction and of the expansion of demand. The G20 summit, led the by Chinese, was committed to more pragmatism for better governance of the world economy: stimulate demand, ensure price stability, improve management of financial activities ...


momagri Editorial Board




Il est de bon ton de se moquer des grands sommets mondiaux. Il est également de bon ton d'accuser la mondialisation de tous nos maux. Il est enfin bon ton de prévoir l'effondrement économique de la Chine. Et si la dernière rencontre du G20 à Hangzhou en Chine ne marquait pas l'émergence d'un nouveau consensus pour une mondialisation plus régulée et capable de faire coexister des régimes économiques et politiques différents? Après l'affrontement depuis les années 1980 entre les dits "consensus" de Washington, attaqué par les altermondialistes, et celui de Pékin, attaqué par les mêmes altermondialistes, celui de Hangzhou sera-t-il plus acceptable?

Une certitude. Il correspond à la vision d'une "mondialisation modérée" chère à l'économiste Dani Rodrik, qui a tenté par ce concept de résoudre la contradiction que certains pensaient insurmontables entre la démocratie politique -qui suppose l'existence de nations souveraines- et la mondialisation économique qui apporte des gains indéniables malgré tous ses défauts.

Le contexte du dernier G20 était pourtant doublement périlleux : sur le plan géopolitique, les tensions militaires ne cessent de croître ; sur le plan économique, des nuages lourds de volatilité s'accumulent au-dessus de tous les marchés d'actifs avant les rencontres prévues des banques centrales d'Europe, du Japon et des États-Unis. Et ce dans un contexte de ralentissement de l'investissement en Chine et d'une véritable bulle obligataire due aux politiques monétaires laxistes (Quantitative Easing) et de taux d'intérêt négatifs (NIRP), historiquement jamais vus et entretenant la déflation.

Sur tous ces sujets de court terme, le sommet de Hangzhou a plutôt montré un resserrement de la communauté internationale autour d'un FMI aux dogmes renouvelés grâce au pragmatisme bien connu de Madame Lagarde, et qui a su en outre séduire la Chine en installant le Renminbi en bonne place dans son panier de monnaies de référence appelé DTS.

Restait la grande question de la relance économique mondiale alors que le PIB global ralentit encore en 2016 autour d'un trend lui-même plutôt déprimé. Cela ne peut qu'entretenir les craintes de la fameuse "stagnation séculaire", nouveau dada des économistes depuis le pavé lancé dans la mare par Larry Summers, l'ancien secrétaire au Trésor américain.

Les autorités de Pékin ont plutôt frappé fort ici. Elles ont brandi un slogan à la chinoise qui a certes masqué leurs responsabilités dans la déflation mondiale et leur crainte de la démondialisation, mais qui s'est avéré suffisamment consensuel pour avoir été repris à de nombreuses reprises dans le communiqué final du G20 en 48 points. Les fameux 4 I qui reviendront mot pour mot dans le communiqué final : Innovative, Invigorated, Interconnected, Inclusive. En gros, comment stimuler une croissance mondiale forte et soutenable. Comme l'écrit très justement l'ancien chef économiste du centre de développement de l' OCDE Helmut Reisen: "Who could disagree? but serious action? Et bien justement, la surprise du sommet est la multiplication de références à des programmes de relance de l'investissement à moyen et long terme, autour de la transition environnementale et pour intégrer les milliards d'habitants des pays en développement pas encore émergés. Tout particulièrement l'Afrique dont un programme d'industrialisation ambitieux figure de façon explicite dans le communiqué final, et alors que de nombreux responsables africains étaient présents à Hangzhou, à l'invitation notamment de Pékin.

Oh certes, on reconnaît aux formules sur l'innovation la lourde patte des politiques structurelles chères à l'OCDE depuis de nombreuses années, essentiellement tournées autour de réformes de structure visant à "libérer l'offre" et augmenter la productivité, comme si le sous-emploi de masse sur la planète n'était pas le problème numéro Un. Mais combiné au volet chinois de stimulation de la demande mondiale, notamment dans les infrastructures des pays en développement, cela commence à faire sens, un peu comme le Yin et le Yang!

Au total, ce sommet qui a consacré la nouvelle polarité Chine-Amérique permet d'espérer une meilleure gouvernance de l'économie mondiale autour de la redécouverte du rôle essentiel des états et des institutions internationales comme régionales. Pour preuve, le fort consensus là encore sur la corruption, les paradis fiscaux ou les pratiques douteuses sur les marchés financiers de la nanoseconde (trading de haute fréquence notamment). Des réserves ? Oui, sur deux plans notamment. D'abord l'absence totale de représentation des sociétés civiles (les fameux C20) très actives à l'âge des G7 et encore présentes lors des sommets du G20 à Melbourne en 2014 et de Antalya en 2015. Or il est évident que seule une architecture combinant G20, B20 (business) et C20 permettra d'atteindre une meilleure gouvernance mondiale.

La deuxième réserve en est une bonne illustration: l'absence totale de référence aux inégalités et au chômage de masse qui sont les grands défis de la nouvelle économie 3.0, celle des robots et de l'Ubérisation. On connaît en partie les solutions et d'abord celles d'investir dans les besoins de base comme l'éducation ou la santé de masse, et de susciter des innovations frugales par et pour les personnes ordinaires.


1 Retrouvez l’intégralité de l’article en suivant ce lien
http://www.huffingtonpost.fr/jeanjoseph-boillot/mondialisation-g20-hangzhou_b_11876296.html



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Paris, 11 December 2018